20/03/08

ce qu'en disent les économistes

Si on ne peut mettre en doute le fait qu’une partie de la richesse produite par les activités flamandes serve au mieux-être des Wallons, ces derniers sont aussi les premiers acheteurs des produits flamands. Il est difficile de se procurer des chiffres de source sûre concernant la compensation ou non des transferts financiers mais, finalement, le problème n’est pas là. Les Flamands ont besoin de savoir si la Wallonie est prête à prendre son destin économique en mains parce que ces derniers temps, les fameux « financiële transfers » font les gros titres et titillent l’opinion publique : « Waarom zouden wij voor de Walen moeten betalen ? Wij werken toch voor dat geld. »
Il est une chose certaine : la Wallonie est à nouveau dans une phase d’expansion économique. Une étude récente du Financial Times affirme qu’elle est désormais la cinquième région la plus attractive pour les investisseurs en Europe (la Flandre est deuxième). Le redressement wallon est bien réel, le chômage s’est enfin mis à diminuer, l’entreprenariat et le niveau de qualification semblent en hausse, bien que des progrès conséquents doivent encore être accomplis. La région wallonne développe ses pôles d’activité, crée des zonings industriels, se spécialise et se diversifie dans la haute technologie, qui constitue le domaine d’avenir par excellence pour les industries d’Europe occidentale.
On peut également s’intéresser aux tableaux de l’INS (l’Institut National de Statistique) qui indiquent un vieillissement plus rapide de la population flamande qui a aussi un taux de natalité plus faible que la région du Sud. Néanmoins, ces chiffres ne montrent pas une distinction nette entre les trois régions du pays quant aux paramètres de natalité et d’âge moyen de la population ; elles suivent une même tendance générale. Le taux d’emploi devrait rester élevé dans les 50 prochaines années en Flandre et s’améliorer en Wallonie.
A partir de ces constatations, les économistes flamands sont un peu à l’image du patronat : certains voient en la scission de l’Etat belge une aubaine pour la Flandre, d’autres sont plus sceptiques. En fait, il semble que la situation géopolitique actuelle ne permette pas de gager sur les obstacles auxquels Flamands, Wallons et Bruxellois devront faire face dans un avenir plus ou moins proche.
Face à cette incertitude, les économistes rechignent à se prononcer clairement sur l’intérêt ou le désavantage de la Flandre à faire sécession, ce qui permet le climat de doute au sein de la population. Evidemment, certains partis et le Vlaams Belang en premier, utilisent une partie des statistiques pour conforter leur programme, alors que d’autres chiffres remettraient celui-ci en question…

Les économistes ne tombent pas non plus d’accord sur l’impact direct de l’indépendance de la Flandre : partage de la dette, citoyens travaillant à Bruxelles taxés à Bruxelles et plus en Flandre, image et place dans le monde, coût de la mise en place d’un nouvel Etat, et autres. Certains balaient ces craintes d’un revers de la main, mais aucun n’en prouve définitivement le sens ou le non-sens.

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