Les médias ont acquis au fil des années toujours plus de pouvoir d’influence.
Concernant le séparatisme flamand, on peut invoquer deux paramètres : l’image donnée de la Wallonie d’une part et d’autre part la surmédiatisation des différentes crises qui a mené à une certaine exacerbation des points de vue.
Concernant l’image de la Wallonie : quand les médias flamands parlent de la Wallonie, ce n’est pas pour présenter une vitrine élogieuse de la région voisine, mais bien pour relater les faits qui y surviennent. De quoi l’actualité wallonne est-elle faite ces derniers temps ? Il y a eu les affaires de Charleroi, il y a eu l’augmentation du taux de chômage, les fermetures d’usines, les grèves (pourtant, contrairement aux idées reçues, les Flamands sont plus grévistes que les Wallons !), la criminalité, les manigances, et j’en passe. Les clichés exposent une région étrange, délabrée, louche.
Mais il faut aussi prendre le second paramètre en compte et les derniers mois de crise en sont l’exemple frappant ; les médias en ont fait leurs gros titres et ne parlaient finalement presque que de la politique belge. Enchaînant émissions spéciales, débats et reportages dérangeants, les chaînes de télévision qui constituent la première source d’information pour la plupart, ont mis le sujet institutionnel au cœur de toutes les conversations et de toutes les interrogations.
De plus, la presse nous a tous accoutumés à l’idée d’une possible scission et a mis en évidence un certain nombre de divergences entre Néerlandophones et Francophones.
Il en résulte deux conséquences. D’une part, un citoyen flamand n’a plus aucun souci à se déclarer ouvertement séparatiste. D’autre part, ceux qui jusque là ne se sentaient pas spécialement concernés, se forgent une opinion et vu la situation actuelle et ce qui se dit à son propos, notamment par des personnages charismatiques ou populaires, on peut aisément comprendre ce qui mène certains à se laisser séduire par une plus grande régionalisation.
Si les médias influent sur l’opinion publique, ils en sont aussi le reflet.
a) presse écrite
Trois grands groupes de journaux se répartissent le marché en Flandre. De Persgroep rencontre le plus de succès, avec 40 % de parts du marché, dont plus de 30 % grâce à Het Laatste Nieuws et De Nieuwe Gazet, des quotidiens populaires à tendance libérale. Le groupe Corelio représente 38 % des parts de marché dont 22 % pour Het Nieuwsblad et De Gentenaar, des quotidiens plus axés sur le sport et les informations régionales, et 9,2 % pour De Standaard, créé en 1918 et, à l’époque, grand défenseur du mouvement flamand et du catholicisme en Flandre, aujourd’hui très proche du CD&V.
Le slogan de De Standaard jusqu’à la fin des années nonante était le traditionnel « AVV VVK », c’est-à-dire « Alles Voor Vlaanderen, Vlaanderen Voor Kristus », initiales gravées sur la tour de l’Yser et qui traduisent une part non négligeable des mœurs flamandes (cependant, à ne pas généraliser bien sûr).
On ne peut pas parler d’une presse écrite flamingante ou nationaliste influente en Flandre, ni d’une incitation organisée au séparatisme, malgré quelques articles, çà et là, au contenu plus acéré. Par contre on peut dénoncer le manque de rapprochement entre les communautés, tant du point de vue des lecteurs que des rédactions.
Néanmoins, certains disent de la presse écrite flamande qu’elle alimente la logique autonomiste sans jamais s’intéresser au fond du problème.
b) service télévisuel et radiophonique
Au début, ce service était assuré par l’INR (Institut National de Radiodiffusion, NIR en néerlandais) créé en 1930. Les premières émissions néerlandophones datent de 1931. Suite à la loi Harmel, la RTB/BRT remplace l’INR/NIR en 1960 et est gérée par un conseil d’administration. C’est le roi qui désigne le directeur des programmes et elle comprend trois instituts : un institut pour la partie francophone, un autre pour la partie néerlandophone et un institut des services communs.
Suite aux réformes de 1970, la RTB et la BRT sont séparées, faisant partie des compétences de leurs Communautés respectives. Dès 1977, la RTB prend une initiale supplémentaire en devenant la RTBF. Ce n’est qu’en 1991 que la BRT deviendra BRTN, puis VRT en 1998.
Il n’y a maintenant quasiment plus de dialogue entre communautés par le biais de la télévision. Les quelques rares initiatives de rapprochement ne sont que trop peu suivies et tombent souvent rapidement dans l’oubli. Les journaux télévisés ne se préoccupent pas des mêmes sujets dès qu’on quitte les gros titres, préférant relater chacun de leur côté des informations régionales ciblées. Il faut attendre l’Eurovision ou le concours de Miss Belgique pour avoir une émission commune.
La télévision aura participé plus que tout autre média à l’aliénation d’une communauté par l’autre, et réciproquement.
c) résultat
Celui qui ne connaît pas personnellement un concitoyen de l’autre côté de la frontière linguistique et qui n’a pas l’habitude de la franchir, n’a que très peu de moyens pour apprécier l’autre communauté. La région sœur est dès lors aliénée et c’est cette aliénation, premier pas à toute forme de racisme, qui constitue le terreau propice au séparatisme.
Concernant le séparatisme flamand, on peut invoquer deux paramètres : l’image donnée de la Wallonie d’une part et d’autre part la surmédiatisation des différentes crises qui a mené à une certaine exacerbation des points de vue.
Concernant l’image de la Wallonie : quand les médias flamands parlent de la Wallonie, ce n’est pas pour présenter une vitrine élogieuse de la région voisine, mais bien pour relater les faits qui y surviennent. De quoi l’actualité wallonne est-elle faite ces derniers temps ? Il y a eu les affaires de Charleroi, il y a eu l’augmentation du taux de chômage, les fermetures d’usines, les grèves (pourtant, contrairement aux idées reçues, les Flamands sont plus grévistes que les Wallons !), la criminalité, les manigances, et j’en passe. Les clichés exposent une région étrange, délabrée, louche.
Mais il faut aussi prendre le second paramètre en compte et les derniers mois de crise en sont l’exemple frappant ; les médias en ont fait leurs gros titres et ne parlaient finalement presque que de la politique belge. Enchaînant émissions spéciales, débats et reportages dérangeants, les chaînes de télévision qui constituent la première source d’information pour la plupart, ont mis le sujet institutionnel au cœur de toutes les conversations et de toutes les interrogations.
De plus, la presse nous a tous accoutumés à l’idée d’une possible scission et a mis en évidence un certain nombre de divergences entre Néerlandophones et Francophones.
Il en résulte deux conséquences. D’une part, un citoyen flamand n’a plus aucun souci à se déclarer ouvertement séparatiste. D’autre part, ceux qui jusque là ne se sentaient pas spécialement concernés, se forgent une opinion et vu la situation actuelle et ce qui se dit à son propos, notamment par des personnages charismatiques ou populaires, on peut aisément comprendre ce qui mène certains à se laisser séduire par une plus grande régionalisation.
Si les médias influent sur l’opinion publique, ils en sont aussi le reflet.
a) presse écrite
Trois grands groupes de journaux se répartissent le marché en Flandre. De Persgroep rencontre le plus de succès, avec 40 % de parts du marché, dont plus de 30 % grâce à Het Laatste Nieuws et De Nieuwe Gazet, des quotidiens populaires à tendance libérale. Le groupe Corelio représente 38 % des parts de marché dont 22 % pour Het Nieuwsblad et De Gentenaar, des quotidiens plus axés sur le sport et les informations régionales, et 9,2 % pour De Standaard, créé en 1918 et, à l’époque, grand défenseur du mouvement flamand et du catholicisme en Flandre, aujourd’hui très proche du CD&V.
Le slogan de De Standaard jusqu’à la fin des années nonante était le traditionnel « AVV VVK », c’est-à-dire « Alles Voor Vlaanderen, Vlaanderen Voor Kristus », initiales gravées sur la tour de l’Yser et qui traduisent une part non négligeable des mœurs flamandes (cependant, à ne pas généraliser bien sûr).
On ne peut pas parler d’une presse écrite flamingante ou nationaliste influente en Flandre, ni d’une incitation organisée au séparatisme, malgré quelques articles, çà et là, au contenu plus acéré. Par contre on peut dénoncer le manque de rapprochement entre les communautés, tant du point de vue des lecteurs que des rédactions.
Néanmoins, certains disent de la presse écrite flamande qu’elle alimente la logique autonomiste sans jamais s’intéresser au fond du problème.
b) service télévisuel et radiophonique
Au début, ce service était assuré par l’INR (Institut National de Radiodiffusion, NIR en néerlandais) créé en 1930. Les premières émissions néerlandophones datent de 1931. Suite à la loi Harmel, la RTB/BRT remplace l’INR/NIR en 1960 et est gérée par un conseil d’administration. C’est le roi qui désigne le directeur des programmes et elle comprend trois instituts : un institut pour la partie francophone, un autre pour la partie néerlandophone et un institut des services communs.
Suite aux réformes de 1970, la RTB et la BRT sont séparées, faisant partie des compétences de leurs Communautés respectives. Dès 1977, la RTB prend une initiale supplémentaire en devenant la RTBF. Ce n’est qu’en 1991 que la BRT deviendra BRTN, puis VRT en 1998.
Il n’y a maintenant quasiment plus de dialogue entre communautés par le biais de la télévision. Les quelques rares initiatives de rapprochement ne sont que trop peu suivies et tombent souvent rapidement dans l’oubli. Les journaux télévisés ne se préoccupent pas des mêmes sujets dès qu’on quitte les gros titres, préférant relater chacun de leur côté des informations régionales ciblées. Il faut attendre l’Eurovision ou le concours de Miss Belgique pour avoir une émission commune.
La télévision aura participé plus que tout autre média à l’aliénation d’une communauté par l’autre, et réciproquement.
c) résultat
Celui qui ne connaît pas personnellement un concitoyen de l’autre côté de la frontière linguistique et qui n’a pas l’habitude de la franchir, n’a que très peu de moyens pour apprécier l’autre communauté. La région sœur est dès lors aliénée et c’est cette aliénation, premier pas à toute forme de racisme, qui constitue le terreau propice au séparatisme.

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